La pandémie de coronavirus continue à mettre la planète en alerte
maximale, ayant déjà contaminé près de 210 000 personnes et en a tué plus
de 9 000 dans le monde. En Europe, où elle progresse le plus rapidement,
des pays comme la France ou l’Allemagne doublent le bilan de nouveaux cas à
chaque jour. Jeudi 19, l’Italie a officiellement dépassé le total de décès
survenus en Chine.
En France, le ministère des Armées a annoncé mercredi 18
mars la livraison de cinq millions de masques chirurgicaux de ses stocks
stratégiques face à l’urgence sanitaire.
« Il y a eu récemment quelques difficultés logistiques », a
reconnu mercredi 18 mars la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Un
autre problème : les masques ont une durée
d’utilisation trop courte. Un FFP2, par exemple, qui
assure une bonne protection, n’est efficace que trois heures.
La France déplore désormais 372
décès (dont 108 supplémentaires en 24 heures) et compte 4 761 malades
hospitalisés. Depuis le début de l'épidémie 10 995 cas ont été
confirmés par test. La situation est particulièrement tendue dans la région
Grand-Est, où des travaux préparatoires à l’installation d’un hôpital de
campagne à Mulhouse ont débuté jeudi 19 mars, selon les journalistes de l’AFP.
Il s’agit d’un hôpital militaire dont la construction avait été annoncée par le
président Emmanuel Macron.
Face aux laxisme de certains
Français quant aux mesures de confinement, les préfectures des régions
littorales ont dû sévir : du pourtour méditerranéen à la
Bretagne, toutes les plages françaises seront bientôt interdites d’accès.
De manière générale, les autorités déplorent un manque de rigueur des Français dans
l’observation de ce confinement, Emmanuel Macron évoque même « de
la légèreté ». Pour preuve, les forces de l’ordre
ont dressé plus de 4 000 procès verbaux en 36
heures. 100 000 policiers et gendarmes sont déployés sur le terrain
pour faire respecter les règles. L’amende infligée pour non respect du
confinement a été augmentée, elle s’élève désormais à 135 euros.
La Chine renvoie l’ascenseur et vient à la rescousse
de la France
Face à la pénurie de masques
médicaux en France, la Chine vient d’en livrer un million à la
France, mercredi 19 mars. Une
manière de renvoyer l’ascenseur, car Paris avait
envoyé 17 tonnes de matériel médical à Wuhan en février, au pic de l’épidémie. Les
fabricants européens de ces masques ont pris le relais des sites
asiatiques, mais travaillent déjà à flux tendus.
Plus de morts en Italie qu’en Chine
L’Italie a officiellement dépassé la Chine en nombre de décès dus à
la pandémie de coronavirus, jeudi 19 mars. La protection civile italienne a
fait état de 427 décès supplémentaires au cours des 24 dernières heures,
portant le bilan national à 3 405 depuis le 21 février. En Chine, le
coronavirus a fait 3 245 morts. Le nombre total de cas dénombrés en Italie, qui a prolongé ses mesures de
confinement, est
passé en 24 heures de 35 713 à 41 035. Cette hausse de 14,9% est
supérieure à celle des trois derniers jours, selon la Protection civile.
L’Espagne face à un nombre de morts en hausse
En Espagne, le nombre de morts a
progressé de près de 30% en 24 heures. Le Covid-19 a fait 767 morts dans le
pays contre 598 mercredi et le nombre de cas détectés dépasse les 17 000, selon
les statistiques publiées, ce jeudi, par le ministère de la Santé.
À ce jour, 1 107 malades ont été
déclarés guéris, selon le ministère. Le nombre de cas a progressé de 25 %
depuis mercredi, et s'établit à 17 147, mais pourrait augmenter de façon
importante au fur et à mesure que les tests sont pratiqués.
L’Espagne est à ce jour le
quatrième pays le plus touché dans le monde par le coronavirus et le deuxième
en Europe derrière l'Italie.
« Les jours les plus durs
arrivent (...) Nous allons continuer à voir une augmentation des cas et cela
sera le cas jusqu'à ce que nous nous approchions du pic de la courbe »,
a prévenu le ministre de la Santé, Salvador Illa.
Irrespectueux des mesures, les Allemands menacés de
confinement
Avec officiellement 10 999 cas
répertoriés jeudi 19 mars pour 20 morts, dont 2 801 nouveaux cas rapportés
dans les dernières 24 heures, l’Allemagne a une nouvelle fois menacé, la
veille, d’adopter des mesures très contraignantes,
sans toutefois utiliser le mot « confinement ». Car beaucoup
d’Allemands se refusent à réduire les contacts sociaux et continuent à se
rassembler en plein air ou à investir les terrasses de cafés, rapporte notre correspondant à
Berlin, Pascal Thibaut.
L'Allemagne va mobiliser des
réservistes de l'armée face à la propagation du nouveau coronavirus, la
ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé, jeudi 19 mars,
que Berlin va mobiliser des réservistes de l’armée face à l’épidémie, dont
2 300 réservistes de l’armée et 900 « réservistes sanitaires »
qui se sont déjà manifestés après un premier appel. L'Allemagne compte quelque
75 000 réservistes, mais d’autres appels auront lieu, a-t-elle
prévenu.
La première économie européenne
pourrait subir une
récession économique supérieure à celle de 2009. Berlin a
annoncé un paquet de 40 milliards pour les travailleurs indépendants et petites
entreprises, après des annonces en faveur des entreprises traditionnelles.
L’agro-alimentaire face à des perturbations
sévères
Le secteur de l'agro-alimentaire
européen a déploré, ce jeudi, des « perturbations sévères »
dans l'acheminement des marchandises, liées notamment aux contrôles sanitaires
pratiqués par certains pays aux frontières intérieures de l’UE pour tenter
d'endiguer la pandémie de nouveau coronavirus.
« Nos membres font part de
difficultés croissantes dans leurs activités », notent dans un
communiqué commun FoodDrinkEurope, l'association européenne des industries
d'alimentation et de boissons, le Copa-Cogeca, principal syndicat agricole dans
l’UE, et CELCAA, l'association européenne regroupant les négociants du secteur
agro-alimentaire. « Des retards et perturbations ont été observés aux
frontières pour la livraison de certains produits agricoles et transformés,
ainsi que pour des matériaux d'emballage », notent les signataires.
Les trois organisations font
également part de leur inquiétude sur la libre circulation des travailleurs du
secteur ainsi que de possibles pénuries de personnel en lien avec les mesures
de confinement.
« Notre capacité à fournir
de la nourriture à tous va dépendre de la préservation du marché unique
européen », soulignent-ils. Ils appellent la Commission à s'assurer
de la fluidité de la circulation des marchandises, mais aussi à « travailler
avec les Etats membres pour surveiller la potentielle pénurie de travailleurs,
y compris de travailleurs saisonniers, et les répercussions sur la production
et à préparer des plans d'urgence ».
Consciente des difficultés de
circulation liées à la mise en place par certains États membres de contrôles à
leurs frontières, la Commission européenne a publié des recommandations à leur
attention, préconisant notamment de prévoir des voies prioritaires pour le
transport de marchandises.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande se ferment aux
étrangers
Alors que l’Australie avait demandé mercredi 18 mars à ses
citoyens de ne plus sortir du pays, le Premier ministre Scott Morrison a
indiqué, jeudi, que plus aucun étranger non-résident ne serait admis sur
l’île-continent, à partir de vendredi 20 au soir. Même son de cloche, au même
moment, en Nouvelle-Zélande : la Première ministre Jacinda Ardnern
a interdit « les touristes ou ceux qui ne viennent que pour un temps,
comme les étudiants ou travailleurs temporaires d’entrer en Nouvelle-Zélande »
à partir de ce jeudi soir.
L’Australie compte pour le moment 642 cas de coronavirus, contre
28 en Nouvelle Zélande, les deux pays indiquant que « l’écrasante
majorité des cas sont des infections importées ». Aucun des deux
n’ont imposé la fermeture des écoles ou un confinement.
Hong Kong face à une deuxième vague venant d’Europe
À Hong Kong,
une deuxième
vague de contaminations est arrivée non plus de Chine, comme
la première, mais d’Europe, du Royaume-Uni et des États-Unis. Le gouvernement a
renforcé les mesures pour tous les nouveaux arrivants, qui doivent porter un
bracelet électronique contrôlant le respect du périmètre de quarantaine, depuis
jeudi 19 mars,rapporte notre
correspondante dans le territoire, Florence de Changy.
Hong Kong s’attend à des dizaines
de milliers de retours de ses résidents dans les semaines qui viennent, car, en
dépit de sa proximité avec la Chine et de sa très forte densité démographique,
le territoire spécial de Chine n’a que quatre morts du virus. Mais la
quasi-totalité de tous les nouveaux cas de personnes contaminées sont des cas
de importés.
Les Indiens interdits de retour au pays
En Inde, le Premier ministre Narendra
Modi a appelé, ce jeudi, à un couvre-feu national pendant la journée de
dimanche 22 mars, « de 7 heures à 21 heures » locales, à
titre d'« expérience ». Le pays de 1,3 milliard d'habitants
est relativement épargné par l’épidémie, avec 173 cas confirmés et quatre
morts, officiellement. Mais les experts soupçonnent que le nombre de malades
est largement sous-estimé, en raison de la faible quantité de tests réalisés.
Écoles, monuments et lieux de divertissements sont fermés dans de larges
parties du pays,
Depuis mercredi 18 mars, le pays
est presque
coupé du reste du monde : il est impossible aux
étrangers non-diplomates d’entrer dans le pays et les Indiens qui résident
en Europe sont également interdits d’accès. La diplomatie indienne assure,
d’ailleurs, négocier l’extension des visas des Indiens bloqués dans leurs pays
d’accueil, rapporte notre correspondant à New
Delhi, Sébastien Farcis.
Fermeture des frontières terrestres au Brésil
Le pays a fermé, ce jeudi, toutes
ses frontières terrestres pour une durée de 15 jours, à l'exception de celle
avec l'Uruguay, afin de tenter d'endiguer l'expansion du coronavirus.
D'autres pays sud-américains
- comme la Colombie, le Chili ou l'Argentine - ont pris, ces derniers
jours, des mesures plus drastiques, fermant totalement leurs frontières
terrestres, maritimes et aériennes. De nombreux hauts responsables brésiliens,
comme le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, avaient réclamé une
fermeture totale des frontières.
Le décret ministériel, entré en
vigueur dès sa publication, interdit l'entrée « par voie terrestre
d'étrangers originaires d'Argentine, Bolivie, Colombie, Guyane française,
Guyana, Paraguay, Pérou et Surinam ». Le texte précise qu'un décret
séparé devrait être pris ultérieurement en ce qui concerne la frontière avec
l'Uruguay.
Ces restrictions ne concernent pas les
ressortissants brésiliens, ni les étrangers résidant dans le pays en situation
régulière. Les camions transportant des marchandises et les personnes chargées
de missions humanitaires sont également autorisés à entrer au Brésil.
Le plus grand pays d'Amérique
latine, peuplé de plus de 210 millions d'habitants, dénombre 428 cas de
Covid-19 et quatre décès.
#RFI

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